Alors qu’une réunion de la filière alimentaire consacrée aux conséquences du conflit au Moyen-Orient dans le secteur, se réunissait ce jour sous l’égide du gouvernement, Pact’Alim, porte-parole des 3 000 PME et ETI de l’alimentation, a rappelé la nécessité d’une répercussion rapide et concrète des hausses de coûts supportées par les entreprises alimentaires depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient.
Pact’Alim alerte à nouveau sur cette situation d’urgence, intervenue au moment même où s’achevaient les négociations commerciales 2026, et qui n’a donc pas pu être correctement intégrée dans les accords récemment conclus.
Les entreprises alimentaires font aujourd’hui face à une hausse brutale de leurs coûts, ainsi qu’à des perturbations d’approvisionnement liées notamment aux tensions sur les routes maritimes et à la situation au détroit d’Ormuz.
Selon un sondage réalisé auprès des adhérents de Pact’Alim, début mai :
- Près de 92% des entreprises répondantes font déjà face à des hausses de coûts.
- La hausse du transport concerne le plus grand nombre d’entreprises, avec 84% des répondants impactés et une hausse moyenne de 11% pour le transport routier et 13% pour le transport maritime.
- Les hausses moyennes atteignent également 22% pour le gaz, 11% pour l’électricité, et 19% pour le plastique.
Dans ce contexte, Pact’Alim a rappelé que les contrats commerciaux conclus en début d’année tout comme les contrats de fabrication de produits à marque de distributeur (MDD), ne peuvent rester déconnectés de la réalité économique désormais supportée par les PME et ETI françaises de l’alimentation.
Or, les mécanismes devant permettre cette adaptation sont aujourd’hui largement inopérants. Les clauses de renégociation, lorsqu’elles existent, sont trop souvent dévoyées. Alors qu’elles devraient permettre de tenir compte rapidement d’un choc exceptionnel de coûts, elles sont en réalité des dispositifs trop longs à déclencher ou fondés sur des indicateurs inadaptés.
Ainsi, le sondage réalisé par Pact’Alim montre que, pour 9 entreprises sur 10, les conditions de déclenchement des clauses de renégociation ne sont pas réunies. La première cause identifiée tient à des périodes d’appréciation des seuils trop longues, dans 56% des cas, alors même que les hausses de coûts sont immédiates.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que les demandes de revalorisation adressées par les entreprises restent, à ce stade, quasi systématiquement sans issue. Dans 83% des cas, les entreprises ayant demandé une revalorisation n’ont reçu aucune réponse ou seulement un accusé de réception. Lorsqu’un retour est formulé, il s’agit d’un refus de toute hausse (14%). Seules 3% des entreprises font part d’une acceptation de principe de renégociation.
Pour Jérôme Foucault, président de Pact’Alim : « Pour les entreprises qui le demandent, il faut que ces surcoûts puissent être loyalement et effectivement répercutés au plus vite s’agissant des PME et ETI transformateurs des filières françaises. Les enjeux sont très clairs : il s’agit de préserver notre capacité de production, la pérennité de nos PME et ETI alimentaires, les débouchés des filières agricoles et de la pêche, et au final notre souveraineté alimentaire ».
La situation appelle à une réponse rapide, responsable et collective de l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire.
La grande distribution doit prendre pleinement sa part dans la prise en compte de cette nouvelle donne économique, dans l’intérêt de la continuité de production, de la stabilité des filières et de la souveraineté alimentaire française.
Pact’Alim sera particulièrement attentive aux suites données à ces demandes et à la capacité réelle des acteurs à prendre en compte les demandes de hausses qui seront formulées, dans un esprit de responsabilité.













































